Gratuité

Si les logiciels libres ont un coût de développement, celui-ci n’a besoin d’être financé qu’une seule fois.

Conséquence : la plupart des logiciels libres peuvent être acquis gratuitement ou à un coût très bas.

La très grande majorité des logiciels libres sont disponibles gratuitement au téléchargement, souvent sur les sites officiels de leurs éditeurs respectifs.

On peut aussi se procurer des logiciels libres sur des compilations en CD, qui sont souvent vendus à prix coûtant (prix du CD vierge).

Sur un budget d’école (coopérative) ou de mairie, l’utilisation de logiciels libres permet de réduire significativement les coûts.

Exemple : utiliser la suite bureautique OpenOffice.org (gratuite) au lieu de Microsoft Office permet d’économiser le prix des licences (selon le nombre de postes concernés) de ce  logiciel.

Légalité

À l’inverse des logiciels propriétaires, les logiciels libres peuvent être copiés et installés en toute légalité sur un nombre illimité d’ordinateurs.

Cela permet de s’affranchir du problème de la gestion des licences.

Exemple : utiliser GNU/Linux au lieu de Microsoft Windows évite de se trouver dans l’illégalité dans le cas d’une licence manquante. Le cas se produit souvent sur des machines de récupération.

Diversité

Pour chaque usage, il existe une grande variété de logiciels libres susceptibles de convenir.

Cela permet de s’adapter aux spécificités de la classe, de l’école, du matériel disponible.

Exemples :

- La traitement de textes Abiword est très complet, et peut fonctionner sur des machines anciennes et/ou peu puissantes.

- Le système d’exploitation Toutou Linux s’utilise sur des ordinateurs dotés de 64 Mo de mémoire vive.

Développement durable

De par leur diversité, il existe un grand nombre de logiciels libres capables de fonctionner sur des configuration anciennes.

Cela permet à long terme un cycle de renouvellement du matériel plus long.

Certains systèmes d’exploitation GNU/Linux s’accomodent d’ordinateurs vieux de 15 ans, tout en restant utilisables par des élèves.

Il existe des logiciels libres capables, s’ils sont installés sur un ordinateur puissant (serveur), de faire fonctionner par le réseau des ordinateurs de très faible puissance sans disque dur (clients légers).

Cela permet de continuer à utiliser du matériel ancien, donc d’éviter de les mettre prématurément au rebut.

Exemple : Là où Windows Vista nécessite 1 Go de mémoire vive pour bien fonctionner, une distribution GNU/Linux grand public actuelle comme Xubuntu (version 9.04, avril 2009) fonctionne parfaitement avec 256 Mo .

Interopérabilité, travail collaboratif et formats ouverts

Beaucoup de logiciels libres sont multi-plateformes : ils peuvent fonctionner sur plusieurs systèmes d’exploitation : GNU/Linux, Mac OS, Windows …

Cela permet d’être sûr qu’on pourra continuer à utiliser un logiciel au fil du temps, quelles que soient les décisions futures quant au choix des systèmes d’exploitation.

Cela permet aussi de s’assurer que les élèves et les enseignants de l’école pourront utiliser le logiciel à leur domicile.

Les logiciels libres utilisent des formats de fichiers ouverts. Cela garantit la pérennité des informations ainsi que l’interopérabilité. Cette interopérabilité est cruciale dans les échanges entre enseignants, comme dans la communication aux élèves.

Sécurité

Le mode de développement des logiciels libres leur permet de garantir un bon niveau de sécurité. Comme le code source est disponible, les failles de sécurité sont rapidement découvertes et corrigées, ce qui permet d’éviter les virus et autres intrusions.

Exemple : le système GNU/Linux, construit sur une base UNIX (qui sert aussi de base à Mac OS), en a conservé l’architecture multi-utilisateurs très sécurisée. Les mises à jour de sécurité y sont fréquentes ; dès qu’une faille est découverte, elle est rapidement corrigée.

Les virus, intrusions et diverses attaques sont ainsi rendues très limitées sur un système GNU/Linux. C’est d’ailleurs le système qui fait fonctionner la majorité des serveurs internet.

GNU/Linux est le système d’exploitation libre actuellement utilisé par l’Assemblée Nationale et la Gendarmerie.

L’utilisation de logiciels libres permet d’accroître la sécurité informatique de l’école.

L’utilisation de systèmes GNU/Linux ou autres dérivés libres d’UNIX permet de garantir une sécurité optimale sans avoir besoin d’antivirus.

Possibilité de participer

La nature des logiciels libres permet à tout un chacun de participer à son amélioration.

Or, si le développement d’un logiciel suppose des compétences en programmation, il implique aussi diverses tâches auxquelles les enseignants peuvent participer : illustrations, documentation, scénarios pédagogiques, tests, recherches de bugs, promotion…

Le développement d’un logiciel, même libre, a un coût, et n’implique pas que du travail bénévole. À l’échelle d’une académie, il serait économiquement envisageable de payer les services de développeurs professionnels afin de mettre en œuvre des logiciels utiles à l’enseignement. Le choix d’une licence libre permettrait de mutualiser cet effort entre académies.

Égalité des chances

Utiliser des logiciels libres à l’école, c’est se donner la possibilité légale d’en distribuer des copies aux élèves pour qu’ils les installent à leur domicile.

En cela, l’utilisation de logiciels libres permet de lutter contre la fracture numérique.

Si on se place dans la situation de l’enseignement secondaire et supérieur, dans lequel les élèves ont des travaux à faire à la maison sur des logiciels spécifiques, il est important de privilégier des logiciels libres, afin de ne pas induire de discrimination par l’argent ou le système d’exploitation (certains logiciels propriétaires n’étant disponibles que sur Windows par exemple).

Responsabilité de l’école dans le maintien des grands monopoles

Certains logiciels propriétaires (exemples : Microsoft Windows) détiennent un quasi-monopole, et si les raisons à cela sont diverses, l’école y joue un rôle non négligeable.

Les élèves d’aujourd’hui sont les citoyens et les consommateurs de demain.

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Voir aussi sur le site de l’académie de Versailles cet article de 2004, toujours d’actualité : « Qu’est-ce que le logiciel libre et pourquoi concerne-t-il le milieu enseignant ? » : http://www.tice.ac-versailles.fr/logicielslibres/spip.php?article19

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Suite : quels logiciels libres pour l’école ?